L’Italie retire la nationalité obtenue avec des documents falsifiés : un signal clair du Conseil d’État
Un avis récent rendu par le Consiglio di Stato adresse un message sans ambiguïté : la nationalité italienne ne peut pas reposer sur des bases fausses, et l’écoulement du temps ne protège pas ceux qui l’ont obtenue au moyen de documents irréguliers.
L’affaire examinée concernait un ressortissant étranger ayant obtenu la nationalité italienne en 2017. Plusieurs années plus tard, les autorités ont constaté que l’acte de naissance et le certificat de casier judiciaire produits lors de la demande étaient falsifiés. Sur cette base, l’administration a annulé le décret de concession de la nationalité, en exerçant son pouvoir d’autotutelle.
L’intéressé a contesté la décision, soutenant qu’un laps de temps excessif s’était écoulé et que le retrait portait atteinte aux principes de sécurité juridique et de confiance légitime. Il a également invoqué sa bonne foi, affirmant ne pas être personnellement responsable de la falsification des documents.
Le Conseil d’État a rejeté ces arguments et confirmé une approche stricte mais cohérente. Lorsqu’un acte administratif favorable est obtenu sur la base de documents falsifiés, aucun droit à une confiance légitime ne peut naître. Le temps ne régularise pas une illégalité qui affecte le fondement même de la décision.
L’un des points les plus significatifs de l’avis est l’affirmation selon laquelle il est indifférent de distinguer entre falsification matérielle ou idéologique, ainsi que l’existence ou non d’une responsabilité pénale. Ce qui importe, c’est que l’administration ait été induite en erreur et que la décision ait été adoptée sur la base de documents objectivement faux.
Le Conseil d’État s’est également prononcé sur les garanties procédurales, estimant que la notification préalable de l’ouverture de la procédure pouvait être omise lorsque la participation de l’intéressé ne serait pas en mesure d’influer sur l’issue. Lorsque la falsification est établie dans son noyau essentiel, la participation procédurale devient un simple formalisme.
Au-delà du cas d’espèce, cette décision revêt une portée plus générale. Elle renforce une jurisprudence qui place le principe de légalité au-dessus de la simple stabilité des actes administratifs, même lorsqu’ils concernent un statut aussi fondamental que la nationalité. La nationalité italienne, rappelle le Conseil d’État, n’est pas intangible si sa concession est entachée d’illégalité dès l’origine.
Pour les demandeurs comme pour les professionnels du droit, le message est clair : l’exactitude et l’authenticité des documents ne sont pas des formalités secondaires, mais des conditions essentielles. Une nationalité obtenue sur des bases fausses demeure vulnérable, même de nombreuses années après.
Avv. Fabio Loscerbo
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