Refus de l’autorisation de travail : le travailleur étranger ne peut pas former de recours
Une décision italienne clarifie la question de la qualité pour agir en matière d’immigration professionnelle
Une récente décision de la justice administrative italienne a apporté une clarification nette sur un point souvent source de confusion dans le droit de l’immigration : qui peut contester le refus d’une autorisation de travail lorsqu’il s’agit de l’entrée d’un ressortissant étranger résidant à l’étranger.
La question s’inscrit dans le cadre de l’article 22 du Texte unique italien sur l’immigration, qui régit l’entrée des citoyens non européens pour travail salarié. La procédure est structurée en plusieurs phases distinctes, allant de la demande d’autorisation présentée par l’employeur jusqu’à la délivrance, à un stade ultérieur, du visa d’entrée et du titre de séjour au travailleur.
Selon le juge administratif, cette distinction entre les différentes phases de la procédure est déterminante.
Dans les phases initiales, celles relatives à la demande, à la confirmation ou au refus de l’autorisation de travail, l’intérêt juridiquement protégé est exclusivement celui de l’employeur. C’est l’employeur qui initie la procédure, qui dialogue avec le Guichet unique pour l’immigration et qui est tenu de respecter les délais et obligations prévus par la loi.
Le travailleur étranger, à ce stade, ne dispose pas encore d’une position juridique protégée. La juridiction administrative est explicite : il ne bénéficie que d’un intérêt de fait à l’issue favorable de la procédure, insuffisant pour fonder un recours juridictionnel. En conséquence, en cas de refus ou de révocation de l’autorisation de travail, le travailleur étranger ne peut pas saisir le juge. La qualité pour agir appartient uniquement à l’employeur.
Cette orientation jurisprudentielle est analysée en détail dans une publication récemment mise en ligne sur Calaméo, accessible à l’adresse suivante :
https://www.calameo.com/books/0080797759dd32066810c
(lien direct : https://www.calameo.com/books/0080797759dd32066810c)
L’étude met en évidence les effets pratiques de cette interprétation, notamment sur les stratégies contentieuses encore fréquemment utilisées. Les recours introduits uniquement par les travailleurs étrangers, sans l’implication directe de l’employeur, sont voués à l’irrecevabilité, avec des conséquences concrètes en termes de délais, de coûts et de protection juridique effective.
Ce n’est que dans les phases ultérieures, relatives à la délivrance du visa d’entrée et du titre de séjour, que naissent des droits directement rattachables au travailleur et susceptibles d’un contrôle juridictionnel autonome. Avant ce moment, le droit italien privilégie l’intérêt public à la gestion des flux migratoires et l’intérêt privé de l’employeur.
Cette décision s’inscrit dans une lecture classique et structurée du droit de l’immigration, rappelant que, dans les procédures d’entrée pour travail, il est essentiel de distinguer clairement les rôles et les responsabilités. Elle adresse également un message clair aux praticiens et aux intéressés : dans ce domaine, savoir qui peut agir en justice est aussi important que de savoir quel acte peut être contesté.
La publication Calaméo constitue, à cet égard, un outil utile pour comprendre les limites actuelles de la protection juridictionnelle en matière d’immigration professionnelle en Italie.
Avv. Fabio Loscerbo
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