Travailleurs étrangers formés à l’étranger : le SIISL renforce l’accès au travail en Italie hors quotas
Une nouvelle étape est désormais opérationnelle pour les ressortissants de pays tiers ayant suivi à l’étranger des programmes de formation professionnelle et civico-linguistique approuvés par le ministère italien du Travail. Le décret interministériel du 22 juin 2026, dont la publication a été annoncée au Journal officiel italien du 19 août 2026, organise leur inscription au SIISL, la plateforme publique destinée à rapprocher offre et demande d’emploi.
Un canal distinct du décret sur les flux
Cette mesure concerne le canal prévu par l’article 23 du décret législatif n° 286/1998. Il s’agit d’une voie d’entrée pour travail distincte du décret sur les flux : les travailleurs ayant achevé avec succès un programme de formation reconnu peuvent être recrutés en Italie en dehors des quotas annuels.
Comment fonctionne l’inscription au SIISL
L’inscription au SIISL n’est pas laissée à l’initiative individuelle du travailleur. Elle est gérée par l’organisme qui a proposé le programme de formation approuvé. Les données sont transmises à la plateforme, le profil du participant est complété et le travailleur reçoit ensuite une communication l’invitant à activer son inscription.
Après activation, le SIISL génère un curriculum prérempli avec les informations relatives à la formation suivie. Ce profil devient visible pour les employeurs opérant dans des secteurs cohérents avec les compétences acquises. L’objectif est de transformer la formation réalisée dans le pays d’origine en un véritable instrument de recrutement légal avant l’arrivée en Italie.
Le SIISL ne remplace ni le nulla osta ni le visa
Pour les candidats, il faut toutefois éviter un malentendu important : l’inscription au SIISL ne constitue ni un visa ni une autorisation automatique d’entrer en Italie. Le recrutement reste soumis à la procédure prévue par le droit de l’immigration. Un employeur doit notamment présenter une demande nominative de nulla osta au travail. Une fois l’autorisation obtenue, la procédure de visa peut être engagée selon les règles applicables.
L’intérêt majeur du dispositif réside dans le fait que les entrées relevant de l’article 23 se situent en dehors des quotas du décret flussi. Le recrutement peut donc être engagé au cours de l’année sans attendre un click day et sans dépendre de l’épuisement d’un contingent annuel. Cette possibilité reste toutefois réservée aux personnes ayant effectivement terminé un programme de formation professionnelle et civico-linguistique approuvé par le ministère du Travail.
Un suivi obligatoire du profil
Le décret de 2026 impose également un suivi actif. Si le travailleur ne complète pas l’activation de son profil, l’organisme proposant le programme doit vérifier les coordonnées enregistrées et, après quinze jours à compter de la notification, le relancer afin que l’inscription soit finalisée.
Ce qui change pour les travailleurs et les entreprises
Pour les entreprises italiennes, le changement est significatif. Elles peuvent accéder plus facilement à des profils déjà formés, dont les compétences ont été identifiées avant l’entrée sur le territoire. Pour les travailleurs étrangers, le système réduit la distance entre formation, recherche d’un employeur et procédure d’immigration régulière.
Il reste essentiel de vérifier chaque dossier individuellement. La participation à un cours non reconnu, une formation qui ne relève pas de l’article 23 ou l’absence d’un employeur prêt à engager la procédure ne permettent pas d’utiliser automatiquement cette voie. Le SIISL facilite la rencontre avec les entreprises, mais ne remplace pas les conditions juridiques nécessaires à l’entrée et au séjour pour travail.
La réforme confirme néanmoins une évolution importante de la politique migratoire italienne : à côté des quotas traditionnels, l’Italie renforce progressivement des canaux d’entrée fondés sur la formation préalable, l’identification des compétences et la correspondance entre besoins des entreprises et profils professionnels disponibles dans les pays d’origine.
Avv. Fabio Loscerbo
Avvocato Cassazionista
Iscritto nel Registro dei rappresentanti di interessi della Camera dei deputati in materia di Immigrazione
Lobbista registrato presso il Registro per la Trasparenza dell’Unione europea n. 280782895721-36 in materia di Migrazione e Asilo
ORCID: 0009-0004-7030-0428