venerdì 19 giugno 2026

Signalements SIS et refus de visas : les juridictions italiennes remettent en cause les refus automatiques

 Signalements SIS et refus de visas : les juridictions italiennes remettent en cause les refus automatiques

Une récente décision du Tribunal Administratif Régional du Latium pourrait modifier profondément les rapports entre les signalements dans le Système d’Information Schengen et les refus de visas d’entrée en Europe.

Dans une décision publiée le 6 mai 2026, le Tribunal a annulé le refus d’un visa d’études délivré par le Consulat italien d’Istanbul à l’encontre d’un étudiant étranger signalé dans le système SIS par la Grèce.

Pendant des années, de nombreuses administrations européennes ont considéré les signalements SIS presque comme des motifs automatiques de refus de visas ou de titres de séjour. En pratique, lorsqu’une personne était signalée dans le système Schengen par un État membre, les autorités consulaires d’un autre État rejetaient souvent la demande sans procéder à une véritable évaluation individuelle.

La récente décision italienne semble marquer une rupture avec cette approche.

Le Tribunal a affirmé que l’administration italienne ne pouvait pas refuser le visa sur le seul fondement de l’existence du signalement SIS. Les autorités doivent au contraire vérifier si le demandeur représente réellement une menace actuelle pour l’ordre public ou la sécurité publique.

La décision s’appuie largement sur le Règlement UE numéro 1861 de 2018, qui régit le fonctionnement du Système d’Information Schengen. En particulier, l’article 27 du règlement prévoit un mécanisme de consultation entre les États membres avant le refus ou la délivrance de visas de longue durée ou de titres de séjour à des personnes signalées dans le SIS.

Selon le Tribunal, le règlement européen n’impose pas de refus automatiques. Au contraire, il exige une évaluation concrète et individualisée de la situation du ressortissant étranger.

La décision reprend également le raisonnement adopté par la Cour constitutionnelle italienne dans la décision numéro 6 de 2026, laquelle a critiqué l’idée selon laquelle un signalement SIS devrait automatiquement empêcher la délivrance d’un document de séjour ou d’un visa.

La Cour constitutionnelle a souligné que le droit européen impose de plus en plus des principes de proportionnalité et d’évaluation individuelle, plutôt que des automatismes administratifs rigides.

Cette évolution pourrait avoir des conséquences importantes non seulement pour les visas d’études, mais aussi pour les visas de travail, les procédures de regroupement familial, les titres de séjour et, plus largement, pour les politiques migratoires au sein de l’espace Schengen.

La décision est particulièrement importante car elle remet en cause une culture administrative fondée sur des présomptions liées à la sécurité. Selon l’interprétation qui semble désormais émerger dans la jurisprudence italienne, l’existence d’un signalement SIS ne suffit plus à elle seule. Les autorités doivent démontrer pourquoi la personne constituerait un danger réel et actuel.

Pour les avocats spécialisés en droit de l’immigration et pour les décideurs européens, cette affaire pourrait représenter le début d’une redéfinition plus large de l’équilibre entre sécurité des frontières et droits individuels dans le système Schengen.

Avv. Fabio Loscerbo
ORCID : https://orcid.org/0009-0004-7030-0428

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New on TikTok: Permis de séjour pour stage : l'administration peut-elle le refuser à cause de son propre retard ? Bienvenue dans un nouvel épisode du podcast Droit de l'Immigration. Je suis Maître Fabio Loscerbo. Aujourd'hui, nous parlons du permis de séjour pour stage, à travers une importante décision du Tribunal administratif régional d'Émilie-Romagne, publiée le 29 juin 2026, rendue dans la procédure inscrite au registre général sous le numéro 632 de l'année 2026. L'affaire concerne un ressortissant étranger entré régulièrement en Italie avec un visa de séjour pour études et stage. Il avait déposé dans les délais sa demande de permis de séjour prévue par l'article 39-bis du Texte unique sur l'immigration. Le stage s'est déroulé normalement, a été mené à son terme avec succès et, par la suite, l'intéressé a même obtenu un contrat de travail à durée indéterminée. Malgré cela, la Questure de Bologne a rejeté sa demande de permis de séjour. La motivation du refus était pour le moins surprenante. L'administration soutenait que le projet de stage était désormais terminé et que l'intéressé n'avait jamais demandé la conversion de son permis de séjour pour stage en permis de séjour pour travail salarié. Le Tribunal a accueilli le recours. Les juges ont constaté que la demande de permis de séjour avait été déposée en août 2024, mais que la Questure n'avait adressé la communication préalable de refus qu'un an plus tard, alors que le stage était déjà terminé. Selon le Tribunal, l'administration ne peut pas justifier un refus en invoquant l'expiration du stage lorsque c'est précisément son propre retard qui a empêché la délivrance du permis pendant la période de validité du projet de formation. La décision aborde également une autre question particulièrement importante. La Questure reprochait au requérant de ne pas avoir demandé la conversion de son permis de séjour en permis pour travail salarié. Mais le Tribunal rappelle un principe qui relève d'abord du bon sens avant même du droit : la conversion n'est possible que si le permis de séjour pour stage a effectivement été délivré. Si ce permis n'a jamais été accordé en raison du retard de l'administration, le demandeur ne peut pas être sanctionné pour ne pas avoir présenté une demande qu'il lui était matériellement impossible de déposer. Pour toutes ces raisons, le Tribunal a annulé la décision de refus et a ordonné à l'administration de réexaminer la demande. Cette décision réaffirme un principe fondamental : le retard de l'administration ne peut jamais devenir un motif permettant de priver un étranger d'un droit lorsqu'il a respecté toutes les conditions prévues par la loi. Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Droit de l'Immigration. Je suis Maître Fabio Loscerbo et je vous donne rendez-vous dans un prochain épisode consacré aux décisions de justice, aux évolutions législatives et aux principales questions du droit italien de l'immigration.

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