sabato 22 agosto 2026

Italie : le tribunal valide la clôture d’une demande de renouvellement après quatre rendez-vous manqués

 

Italie : le tribunal valide la clôture d’une demande de renouvellement après quatre rendez-vous manqués

Un tribunal administratif italien a confirmé la clôture d’une procédure de renouvellement de titre de séjour après que le demandeur ne s’est pas présenté à quatre rendez-vous distincts consacrés à son identification et au relevé de ses empreintes digitales.

Par le jugement n° 1315 du 10 juillet 2026, le Tribunal administratif régional d’Émilie-Romagne a rejeté le recours formé par un ressortissant marocain contre la décision de la préfecture de police de Bologne d’archiver sa demande de renouvellement d’un titre de séjour pour travail salarié.

La décision trace une limite claire entre les droits reconnus aux ressortissants étrangers dans les procédures d’immigration et leur devoir de collaboration avec l’administration. Selon le tribunal, le demandeur ne peut pas exiger que la procédure demeure ouverte indéfiniment lorsqu’il ignore plusieurs convocations officielles sans fournir aucune explication.

Quatre rendez-vous manqués

Le demandeur avait présenté sa demande de renouvellement au moyen du kit postal prévu pour les procédures relatives aux titres de séjour.

Il avait été convoqué une première fois auprès du bureau de l’immigration de Bologne le 18 juin 2024 afin de procéder à son identification et au relevé de ses empreintes digitales. Après son absence, l’administration avait fixé trois nouveaux rendez-vous : le 6 août 2024, le 18 septembre 2024 et le 21 janvier 2026.

Le demandeur ne s’est présenté à aucun de ces rendez-vous.

La préfecture de police a donc décidé d’archiver le dossier, en considérant que la procédure ne pouvait pas être reportée indéfiniment et que l’absence d’identification empêchait matériellement la poursuite de l’instruction.

L’intéressé a contesté cette décision en soutenant que l’archivage était disproportionné et qu’un nouveau rendez-vous aurait encore pu être fixé. Il a également invoqué l’absence de communication préalable des motifs de rejet et demandé que soient prises en considération sa situation personnelle et familiale.

Le tribunal a rejeté ces arguments.

Le relevé des empreintes n’est pas une simple formalité

Le jugement souligne que l’identification personnelle et le relevé des empreintes digitales constituent des étapes essentielles de la procédure de délivrance ou de renouvellement d’un titre de séjour.

La présentation de la demande par voie postale ne représente que la première phase de la procédure. Le ressortissant étranger doit ensuite se présenter personnellement afin que l’administration puisse vérifier son identité, recueillir les données biométriques nécessaires et effectuer les contrôles requis pour la délivrance du titre électronique.

Sans la présence du demandeur, la procédure ne peut pas être achevée.

Une seule absence peut être justifiée par une maladie, une erreur de communication ou une difficulté temporaire. Dans cette affaire, toutefois, le demandeur avait manqué quatre rendez-vous sur une période d’environ dix-huit mois sans fournir de raison valable.

Pour le tribunal, il ne s’agissait donc plus d’une irrégularité procédurale mineure, mais d’une absence prolongée de collaboration.

Une mesure jugée proportionnée

Le demandeur soutenait que l’archivage du dossier constituait une mesure excessive, car l’administration aurait pu fixer un autre rendez-vous.

Le tribunal a cependant observé que cette solution avait déjà été appliquée à trois reprises.

Après la première absence, la préfecture de police n’avait pas immédiatement rejeté la demande. Elle avait au contraire renouvelé les convocations, offrant ainsi plusieurs possibilités supplémentaires au demandeur de compléter les formalités nécessaires.

La décision finale a donc été considérée comme proportionnée.

Le principe de proportionnalité impose à l’administration de choisir une mesure adaptée, nécessaire et non excessivement préjudiciable. Il ne l’oblige toutefois pas à répéter indéfiniment le même acte lorsque l’intéressé demeure inactif.

Selon le jugement, l’administration avait déjà appliqué à plusieurs reprises la solution la moins contraignante avant de décider de clôturer la procédure.

La procédure ne pouvait pas rester ouverte indéfiniment

Le tribunal s’est également fondé sur l’obligation générale de l’administration de conclure les procédures par une décision expresse.

En droit administratif italien, une autorité publique ne peut pas laisser une demande en suspens pendant une durée indéterminée.

Lorsqu’une demande ne peut plus être instruite en raison de l’absence d’un élément essentiel, l’administration peut conclure la procédure par une décision simplifiée.

Dans cette affaire, l’élément manquant n’était pas un simple document. Il s’agissait de la présence personnelle du demandeur, indispensable pour vérifier son identité et recueillir ses données biométriques.

La préfecture de police pouvait donc légitimement constater que la demande n’était plus susceptible d’être traitée.

Aucune obligation de notification en mains propres

Le demandeur soutenait également que seule une notification remise personnellement aurait permis de garantir la connaissance effective des rendez-vous.

Le tribunal a rejeté cet argument, car aucune disposition légale n’impose que les convocations pour le relevé des empreintes soient remises en mains propres.

En l’absence de règle spéciale, les dispositions ordinaires relatives aux communications administratives s’appliquent.

Le demandeur n’avait pas démontré que les convocations avaient été envoyées à une adresse erronée ou qu’elles ne lui étaient jamais parvenues. Il contestait uniquement leur mode de transmission.

Le tribunal a donc considéré que les quatre convocations avaient été régulièrement communiquées.

Les convocations répétées ont assuré le contradictoire

Un autre grief concernait l’absence d’un avertissement formel avant l’archivage du dossier.

Le tribunal a estimé que les quatre convocations avaient déjà donné au demandeur des possibilités suffisantes de participer à la procédure.

Une convocation pour le relevé des empreintes ne correspond pas exactement à une communication formelle des motifs de rejet. Toutefois, dans les circonstances particulières de l’affaire, le tribunal a adopté une approche concrète.

Le demandeur avait été invité à plusieurs reprises à accomplir l’acte indispensable au renouvellement. Il avait ignoré les quatre convocations sans jamais contacter l’administration pour expliquer son absence ou solliciter un report.

Le tribunal en a déduit que l’administration avait déjà épuisé toute forme raisonnable de dialogue avec l’intéressé.

Collaboration et bonne foi concernent aussi les ressortissants étrangers

L’un des passages les plus importants du jugement concerne les principes de collaboration et de bonne foi.

Le droit administratif italien prévoit que les relations entre les particuliers et l’administration doivent être fondées sur la collaboration et la bonne foi.

Le tribunal précise que ce principe s’applique également aux ressortissants étrangers qui demandent la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour.

Cette obligation est réciproque.

L’administration doit agir correctement, fournir des informations compréhensibles, communiquer régulièrement les rendez-vous et examiner les difficultés réelles invoquées par le demandeur.

En parallèle, l’intéressé doit maintenir ses coordonnées à jour, se présenter aux rendez-vous, signaler immédiatement les empêchements et fournir les informations nécessaires à la poursuite de l’instruction.

Dans cette affaire, le tribunal a considéré que le demandeur avait manqué à cette obligation de collaboration.

La situation personnelle et familiale n’a pas suffi

Le demandeur demandait également que soient prises en considération son installation ancienne en Italie, sa qualité de père de famille et la nouvelle possibilité d’emploi qu’il avait trouvée après une période de chômage.

Le tribunal n’a pas estimé que ces éléments permettaient de surmonter l’obstacle procédural.

L’emploi, les liens familiaux et l’intégration sociale peuvent être pertinents pour apprécier si les conditions substantielles du renouvellement sont remplies. Ils ne suppriment toutefois pas l’obligation de se présenter personnellement pour l’identification.

L’administration ne peut pas examiner complètement une demande lorsque l’intéressé refuse, à plusieurs reprises, d’accomplir une étape essentielle de la procédure.

La décision ne signifie pas que les circonstances personnelles sont toujours sans importance. Elles pourraient être déterminantes lorsqu’un rendez-vous est manqué en raison d’une maladie, d’une urgence familiale grave ou d’un véritable problème de notification.

Aucune circonstance de ce type n’avait cependant été démontrée dans cette affaire.

Un avertissement pour les demandeurs de titres de séjour

Le jugement adresse un message direct aux ressortissants étrangers engagés dans une procédure de séjour.

Les droits doivent être protégés, mais les demandeurs doivent aussi collaborer activement.

Une seule absence ne devrait pas entraîner automatiquement la perte de la procédure. En revanche, des absences répétées et injustifiées peuvent légitimer l’archivage du dossier.

Lorsqu’une personne ne peut pas se présenter à un rendez-vous, elle doit contacter immédiatement le bureau de l’immigration, expliquer la raison de son absence et, si possible, produire des justificatifs.

Le silence constitue la pire solution.

La décision confirme que les procédures d’immigration ne peuvent pas être administrées comme si toute la responsabilité reposait exclusivement sur les autorités. L’administration doit respecter les garanties légales, mais le demandeur doit également accomplir les démarches nécessaires pour permettre à la procédure d’aboutir.

Avv. Fabio Loscerbo
ORCID : https://orcid.org/0009-0004-7030-0428

Family reunification in Italy in 2026: the two-year residence rule, exceptions and practical steps

Family reunification in Italy in 2026: the two-year residence rule, exceptions and practical steps Family reunification remains one of the main legal routes for bringing close relatives to Italy, but the rules have become more demanding. In 2026, applicants must pay particular attention to the minimum period of lawful residence, housing requirements, income thresholds and the longer administrative deadline for the family reunification authorisation. This article concerns the ordinary family reunification procedure for a non-EU citizen who is lawfully residing in Italy and wants to reunite with non-EU family members under Articles 28 and 29 of Legislative Decree No. 286/1998. A different legal regime applies to family members of Italian and other EU citizens. Who can apply for family reunification? A non-EU citizen lawfully residing in Italy with a residence permit of at least one year may, in principle, apply for family reunification through the Sportello Unico per l’Immigrazione at the competent Prefecture. The family members who may normally be reunited are the spouse, provided that the spouse is at least 18 years old and the couple is not legally separated; unmarried minor children, including children of the spouse or children born outside marriage, subject to the consent of the other parent where required; dependent adult children who are unable to meet their essential needs because of a health condition resulting in total disability; and dependent parents in the circumstances specifically provided for by Article 29 of the Immigration Act. The two-year lawful residence rule One of the most important changes introduced in recent years is the requirement, in many cases, to have completed at least two years of lawful and uninterrupted residence in Italy before applying for family reunification. This means that holding a valid residence permit is not always sufficient by itself. For applications covered by the new rule, the applicant must also be able to show that the required two-year period has already been completed on the date on which the application is submitted. There are important exceptions. According to the current official guidance, the two-year requirement does not apply to beneficiaries of international protection and does not apply when the person to be reunited is a minor child. It is also considered inapplicable to EU Blue Card holders and to certain intra-corporate transferees, whose family rights are regulated by specific EU legislation. Because the applicability of the two-year rule depends on both the sponsor’s legal status and the family member concerned, it is advisable to verify the correct legal framework before filing the application rather than assuming that every family reunification case follows the same timetable. Housing requirements are now checked more strictly The sponsor must generally prove the availability of suitable accommodation. The housing must satisfy health and hygiene standards and the requirements for housing suitability. The current rules also require a more detailed check of the number of people who will occupy the property and of the minimum standards established by the applicable housing regulations. In practice, applicants should obtain the appropriate housing suitability certificate from the Municipality or the competent local authority and ensure that the number of current and future occupants is compatible with the size of the property. Problems with the housing documentation are a frequent cause of requests for additional documents and may significantly delay the procedure. There is a simplified rule when only one child under the age of 14 is being reunited with a parent: in that situation, the law allows the required housing documentation to be replaced in certain respects by the consent of the person who lawfully controls the accommodation. The exact documentation requested should nevertheless be checked with the competent Prefecture. Income: how the minimum threshold works The sponsor must normally show lawful annual income at least equal to the annual social allowance, increased by one half of that amount for each family member to be reunited. The income of family members already living with the sponsor may also be taken into account when properly documented. For 2026, the annual social allowance is €7,101.12. This means that the minimum income for one family member is normally calculated by adding one half of that amount to the basic annual allowance. The threshold then increases according to the number and composition of the family members concerned. Special rules apply where two or more children under 14 are being reunited. In addition, beneficiaries of refugee status or subsidiary protection are subject to a more favourable regime and are not required to prove the ordinary income and housing requirements for family reunification. The Prefecture may take up to 150 days to issue the authorisation The family reunification procedure begins with an online application for the nulla osta, the authorisation issued by the Sportello Unico per l’Immigrazione. The statutory deadline for issuing the nulla osta is now 150 days from the application. This is an important practical point. Families should not plan travel dates on the assumption that the authorisation will be issued within a few weeks. The legal deadline is substantially longer than in the past, and requests for additional documents may further affect the actual duration of the procedure. Once the nulla osta has been issued, the family member abroad must apply for the family reunification visa at the competent Italian embassy or consulate. Under the general rules on national visas, the prescribed deadline for a family reunification visa is 30 days from a complete and admissible application, although further checks may extend the practical processing time. What happens after arrival in Italy? After entering Italy with the family reunification visa, the family member must complete the residence procedure in Italy. The person is normally required to attend the Sportello Unico per l’Immigrazione and then submit the application for a residence permit for family reasons through the authorised postal procedure. The residence permit for family reasons gives broad rights. It allows access to employment, both employed and self-employed, access to education and vocational training, and access to the social and administrative services available under Italian law. Its duration is generally linked to the residence status of the family member who sponsored the reunification, within the limits established by the Immigration Act. What if the application or the visa is refused? A refusal should always be examined carefully. Family reunification is closely connected to the right to family life, and administrative decisions must therefore take account of the applicable legal requirements and the actual family circumstances. If the Prefecture refuses the nulla osta, or if the consular authority refuses a family reunification visa, judicial protection is available. In particular, disputes concerning family reunification are generally brought before the ordinary court, rather than following the ordinary administrative-court route used for many other types of visa refusals. Before starting litigation, however, it is essential to identify whether the problem concerns income, accommodation, proof of the family relationship, the two-year residence requirement, documentation from the country of origin or the interpretation of an exemption. Each issue requires a different legal response. A practical point before submitting the application The most useful approach is to treat family reunification as a procedure that must be prepared in advance. Before filing, the applicant should verify the exact residence status, calculate the relevant period of lawful stay, check whether an exemption from the two-year rule applies, obtain updated housing documentation, calculate the income threshold for the specific family composition and prepare foreign civil-status documents in the form required by the Italian authorities. A complete application does not guarantee immediate processing, but it greatly reduces the risk of avoidable requests for additional documents and makes it easier to challenge an unjustified delay or refusal if the administration does not correctly apply the law. Avv. Fabio Loscerbo Avvocato Cassazionista Iscritto nel Registro dei rappresentanti di interessi della Camera dei deputati in materia di Immigrazione Lobbista registrato presso il Registro per la Trasparenza dell’Unione europea n. 280782895721-36 in materia di Migrazione e Asilo ORCID: 0009-0004-7030-0428

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